[Analyse] Évolution des prix de l’immobilier au 30 juin 2018

Si l’on en croit le 104e baromètre de MeilleursAgents « le marché reste dynamique ». Effectivement, les prix continuent leur croissance depuis le 1er janvier avec +0,9% sur l’ensemble du territoire. MeilleursAgents précise cependant que l’envolée des prix à laquelle nous assistons depuis deux ans risque de ralentir (chose que nous commençons à ressentir sur juin) . En effet, entre des prix toujours plus élevés et des taux d’intérêts qui ont vocation à repartir à la hausse, le pouvoir d’achat des français va s’amoindrir de plus en plus…

Évolution des prix de l’immobilier

[visualizer id= »1202″] Rennes et Lyon continuent de se disputer la première place du palmarès des plus fortes augmentations de prix avec respectivement +1,0 % et +0,3 % sur le mois de juin, et +4,4 % et +3,8% depuis le début de l’année.  Viennent ensuite Strasbourg et Marseille qui ont toutes les deux vu leur prix progresser de +3,4 % sur le premier semestre (et respectivement +0,6 % et +0,9 % sur juin). Paris quant à elle fait son retour dans le top five… au détriment de Montpellier qui chute considérablement en raison d’un mauvais mois de juin (-0,8 %).  Les chiffres parisiens sont de +0,3 % sur juin et +3,0 % depuis début janvier.

[visualizer id= »1201″] Lyon, Rennes et Bordeaux restent en tête des évolutions sur 12 mois avec respectivement +8,9 %, +6,9 % et +6,2  %. Des chiffres qui confirment l’attrait que les différents profils d’acheteurs ont pour les grandes métropoles. Mais cet engouement ne se limite pas qu’aux grandes villes, et les prix dans les zones rurales le confirment : ils progressent de +0,3 % en juin et de +0,7 % sur l’année.
Globalement, même si le marché reste vigoureux et que l’on assiste toujours à un déséquilibre entre offre et demande (déséquilibre favorable aux vendeurs), on ressent un léger ralentissement sur cette fin de semestre.

Tensions sur le marché de l’immobilier

Ce 104 baromètre MeilleursAgents cache une belle nouveauté : l’apparition de deux nouveaux indices qui vont nous permettre de juger de la tension (ou liquidité) sur les marchés.
Le premier, le Délai de Vente Médian (DVM) exprime le nombre de jour entre le début de commercialisation du bien et la signature du compromis. « Médian » signifie que 50 % des délais de vente enregistrés sont en-dessous de ce DVM, et les 50 % restant sont au-dessus. Vous l’aurez compris, plus ce chiffre diminue, plus les biens ont tendance à s’écouler vite.
[visualizer id= »1210″] On constate une vraie diminution de ce délai de vente sur les deux dernières années. Il aura eu tendance à remonter dans certaines villes comme Bordeaux, Lille ou Toulouse, mais les villes les plus dynamiques montrent un resserrement de ce délai de vente. En effet, Rennes et Lyon (top deux du classement depuis début janvier) ont vu leur DVM passer respectivement de 68 en juin 2017 à 63 en juin 2018, et de 47 en juin 2017 à 42 en juin 2018.
Le record du DVM le plus court est bien évidemment Paris avec 41 jours.

Le second indice qui a fait son apparition dans le baromètre MeilleursAgent est le Taux de Décote Moyen (TDM). Comme son nom l’indique, il représente le taux moyen de négociation du prix de vente.
[visualizer id= »1211″] Hormis dans certaines villes comme Montpellier et Nantes, on constate globalement une diminution de ce pourcentage. Ce qui signifie que les acheteurs s’aventurent de moins en moins dans le jeu de la négociation, certainement par peur de perdre le bien. Exemple avec Lyon et Rennes, qui affichent des TDM de 1,5% et 1,1% sur juin 2018.

Ces deux nouveaux indices viennent donc confirmer le dynamise du marché immobilier. Ils confirment aussi que nous sommes plutôt dans un marché de vendeurs. Par là nous entendons un marché plus intéressant pour le vendeur et dans lequel l’acheteur à moins de marge de manoeuvre :

  • les prix augmentent : bon pour le vendeur, moins pour l’acheteur
  • les délais de vente se raccourcissent : bon pour le vendeur, moins pour l’acheteur
  • les marges de négociation diminuent: bon pour le vendeur, moins pour l’acheteur

Restons vigilants toutefois. Le regain économique est annonciateur d’une remontée prochaine des taux ce qui aura aussi pour effet de diminuer le pouvoir d’achat des français (biens immobiliers plus chers et coûts de l’emprunt plus élevés). Un affaiblissement de la demande aura pour effet de tirer les prix vers le bas…
Ce dernier point sur l’offre et la demande nous fait réaliser qu’il serait intéressant de trouver un peu de données sur le volume de transactions d’un mois sur l’autre. On va regarder ça. Si vous en connaissez, on prend 🙂
Image : Eusebius@Commons

2019-01-07T13:37:54+01:00

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